Maladies respiratoires chez le cheval : agir sur l’environnement pour limiter les risques
Maladies respiratoires chez le cheval : agir sur l’environnement pour limiter les risques

Nos chevaux sont de plus en plus sujets à des maladies respiratoires liées à des allergies à certaines particules dans l’air. La litière, les fourrages ou encore les activités d’entretiens des écuries influent sur la concentration et la nature de ces particules potentiellement allergènes.

Afin d’éviter l’apparition de pathologies chroniques et irréversibles, la meilleure des solutions reste la prévention ! Quels sont les différents facteurs d’influence de présence de ces particules ? On fait le point :

Des particules de tailles différentes

Les inflammations respiratoires dûes à une allergie chez le cheval, comme chez l’homme sont généralement liées aux particules fines : des particules en suspension respirables (car elles pénètrent dans les poumons).

Les matières particulaires en suspension sont définies par arrêté du Ministère chargé de l’environnement par les termes :

  • PM10 pour « Particulate Matter » inférieur 10 µm
  • PM2,5 pour les particules inférieur 2,5 µm (Décret n° 2010-1250 du 21 octobre 2010 relatif à la qualité de l'air).

L’allergie à la poussière semble être causée par les particules d’une taille inférieure à 5µm (incluant des spores de champignons). Plus les particules sont fines et légères, plus leur persistance dans l’environnement est longue (jusqu’à plusieurs jours), et plus elles sont dangereuses !

Litières et fourrages distribués, premiers facteurs d’influences sur la présence de particules respirables dans l’environnement

Dans une étude réalisée par Auger et Moore-Colyer en 2017, une comparaison de 4 traitements différents en box a été réalisée afin de mesurer le traitement générant le plus de particules respirables dans l’environnement.

En période hivernale, en dehors des activités d’entretien et d’affouragement Copeaux + foin étuvé Copeaux + foin sec Paille + foin enrubanné Paille + foin sec
Nombre de particules respirables dans la zone d’alimentation du cheval + ++ +++ +++ (x10 par rapport au copeaux + foin étuvé)

La distribution de foin sec et l’utilisation d’une litière de paille produit donc 10 fois plus de particules respirables que l’utilisation d’une litière sur copeaux associée à une distribution d’un foin étuvé. Cette dernière combinaison est donc parfaitement recommandée pour les chevaux souffrant d’asthme ou des chevaux de haut niveau de compétition pour lesquels le système respiratoire est fortement sollicité.

Pour autant, tous les copeaux ne se valent pas. La taille des pétales de copeaux est un facteur déterminant dans leur taux de poussière émise.

  • Un copeau avec de petits pétales sera fortement absorbant mais produira plus de particules fines.
  • Un copeau à larges pétales aura un pouvoir d’absorption plus faible mais n’émettra que très peu de poussière.
Concernant les fourrages :
  • Le foin étuvé (passé à la vapeur) produit très peu de poussière mais nécessite beaucoup de manutention et un investissement dans une machine adaptée.
  • L’enrubanné permet d’apporter un fourrage totalement dépoussiéré et plus rapide à distribuer. Il existe différents types d’enrubanné, adapté aux chevaux de loisirs ou aux chevaux de sports avec une haute dépense énergétique.
  • La méthode la plus économique : mouillez votre foin pour coller la poussière et éviter qu’elle ne reste en suspension dans l’air. Cependant, le foin mouillé perd très vite en valeur énergétique, en minéraux et en vitamines, pouvant créer des carences dans la ration de votre cheval.
À retenir
  • La présence de poussière dans les écuries est fortement corrélée au type de fourrage et de litière utilisée. Il faut donc privilégier une litière dépoussiérée et des fourrages adaptés (enrubanné, foin étuvé…)
  • Les maladies respiratoires chez les chevaux sont généralement dues à une hypersensibilité aux particules fines, créant des inflammations chroniques. Une fois le cheval atteint, ces maladies sont généralement incurables et nécessitent une vigilance accrue de la part du propriétaire vis-à-vis de l’environnement de son équidé.
LES SOLUTIONS :

Afin d’éviter l’apparition de pathologies chroniques et irréversibles, nous vous donnons des solutions faciles à mettre en place au quotidien pour limiter au maximum les risques.

Habitudes d’entretien des écuries

L’entretien des écuries : Il fait partie des activités brassant le plus de poussières dans l’environnement du cheval. Que ce soit avec un balai ou un souffleur, soulever des particules fines peut endommager les voies respiratoires des chevaux comme du personnel d’écurie. Une fois de plus, ce taux de particules est corrélé au type de litière utilisé. Balayer un barn dont les boxes sont en litière paille soulève 3 fois plus de poussière que dans un barn dont les boxes sont en litière copeaux.

Les litières artificielles émettent moins de particules et de moisissures que la paille pendant les périodes d’entretien.

Les habitudes de curage : Si nous avons tous l’envie de curer les boxes tous les jours et de remettre de la litière fraîche à nos chevaux pour qu’ils soient dans un environnement confortable, ces différentes actions génèrent énormément de poussière. Aussi, dans une étude datant de 2009, Flemming met en avant que l’entretien quotidien des litières serait à éviter. En effet, si le bon sens pourrait nous faire croire qu’un entretien régulier des litières permettrait de limiter les odeurs et poussières, il semblerait qu’une absence de curage pendant 10 jours permettrait d’avoir des taux d’ammoniac et de particules dans l’environnement beaucoup plus faibles que lors d’un curage régulier.

Ne pas oublier de ventiler les bâtiments

Pendant la saison froide, nous avons tendance à fermer les portes des bâtiments et couper les ventilations pour éviter que les chevaux n’attrapent froid. Cette absence de ventilation à pour conséquence de quasiment doubler le taux de CO2 dans l’air ambiant.

Une ventilation efficace des écuries, même en hiver, permet de faire baisser le taux de CO2 de moitié (et donc le taux d’endotoxines) et de limiter les problèmes respiratoires chez les chevaux mais également chez les hommes présents quotidiennement dans l’écurie.

À retenir
  • Même en hiver, il est important de ventiler les bâtiments.
  • Lors des temps d’entretien pour limiter l’exposition des chevaux à la poussière, sortez les chevaux du bâtiment au moment du curage et attendez 30 minutes avant de remettre les chevaux dans leurs boxes (le temps que la poussière retombe).
Sources :
AUGER E.J. and MOORE-COLYER M.J. (2017). The effect of management regime on airbone respirable dust concentrations in two different types of horse stable design. Journal of Equine Veterinary Science, 51, pages 105-109.
FLEMING K., HESSEL E.F. and VAN DEN WEGHE H.F.A. (2009). Gas and particle concentrations in horse stables with individual boxes as function of the bedding material and the mucking regimen. Journal of Animal Science, 87(11), pages 3805-3816.

Louise JEGARD
Chef de Produit Équidéos